Primitivisme, symbolisme, expressionnisme, sensualisme et shamanisme sont les articulations principales des oeuvres peintes réalisées depuis 1999.
Empreintes d’un inconscient tant collectif qu’intimiste, elles font jaillir sur le squelette des toiles des questionnements presque toujours métaphysiques liés aux racines de l’être, et érigent la couleur en maîtresse suprême et absolue des tracés, des formes, des courbes et de l’espace, perçu ici comme la source de toute substance pensante, de tout organisme vivant.
Par delà la lecture technique des compositions, la peinture semble ainsi parée d’un vêtement charnel liant sacré et profane dans une unité qui arbore mysticisme et spiritualité. Tout est un.
C’est dans cette doctrine innéiste que l’inspiration est puisée puis reversée en pluie polychrome sur l’icône, au départ virginale.
La matière picturale semble alors posséder un caractère magique, invocatoire et intemporel. Elle vise à faire «sortir de soi» le spectateur afin qu’il recrée sa propre oeuvre d’art, de par l’oeil, le cœur et l’esprit, qu’il se plaît à superposer sur celle du plasticien…
Virginie Gauthier
Rêve inspiré…
Je suis un rêve et n’ai point de nom.
Un rêve ou peut-être un frémissement d’illusions ?
Je suis un rêve éphémère touchant de mon souffle l’Eternité
A travers laquelle je suis condamnée à errer.
Je suis un rêve bercé par les racines de la Terre
Dont les bras se tendent en prière vers l’Infini
Afin de mieux retomber en pluie
Sur vos âmes, vos cœurs et vos esprits
Encensé de dévotions
Je suis un rêve parsemé d’ambition
Dénué de sombre et d’amer,
A l’antipode des servitudes du vulgaire.
Je suis un rêve lissé d’airain
Une sculpture aux hiératismes divins
Que rien ne consume ni n’obture
Sur lequel les maux se posent en vain
Une sirène éprise des nues, convulsée de charmes et de chagrins
Brisant de sa voix le râle des vagues sur les ossements des marins.
Ceux qui m’enlacent de leur désir sous la lune vierge
Au matin sous les assauts du soleil m’oublient
Au matin, à travers l’insolence de ma nature, je m’achemine et m’enfuis
Demeurant alors certains que ma bouche
N’a jamais effleuré de matière leur couche
Les hommes s’éveillent sans savoir
Que leur fugace inspiration
En mon sein prend sa source avec passion
Et sillonne leur esprit empreint de confusion.
Je suis une Muse aux mille visages et aux mille noms
Possédant mille supports, mille facettes et mille déraisons
Insufflant aux hommes la Création…
Virginie Gauthier


