La récente série des « Shamen» distille ses vibrations entre ciel et terre, dont la passerelle s’incarne en la personnalité étrange et incantatoire du shaman…
Accompagné de son animal totémique, il s’impose à ses semblables comme l’Epouvanteur des mauvais esprits, des sortilèges et de l’obscure, le médecin guérisseur et l’érudit du village, souvent même, il sculpte lui-même les masques cérémoniels qu’il portera lors de rites animistes propres aux sociétés ancestrales. L’animal lui insuffle alors sa force et son instinct au cours des transes qui conduisent le shaman à « voir» au delà des volutes de la fumée, des apparences, du temps et de l’espace pour en révéler l’illusion…
Ainsi, l’ours étreint-il l’esprit du shaman inuit d’un trait assuré de défis affinés, alourdi de tâches lumineuses qui sillonent le support papier; le léopard celui du shaman amazonien d’un ton sanguinolent et indocile, glissant sur l’espace choisi comme un crocodile inspiré par les courbes sinueuses des légendes du Nil; la hyène celui du shaman africain d’un élan gestuel contournant la pupille du peintre afin de ne jamais s’y égarer, mais au contraire de toujours la consteller d’esthétisme et du désir de créer…
Virginie Gauthier





































