Et la couleur miroite à travers l’oeil interne… et le guerrier qui en jaillit la dévore de son désir infini. Il convoque et invoque, évoque et surprend la lumière dans la spontaneité de ses mouvements fugaces et le geste volubile du peintre assied son trait, compose et dévie, accentue et délie son jeu expressionniste. Tel le cavalier accordé à son cheval,il foule et charrie l’ombre de ses pas pour ne conserver que la pulpe et le pigment…
« Les guerriers de la lumière» ici se conjuguent à tous les modes, à tous les temps car le temps les ignore bien qu’ils s’acharnent à le compresser comme une oeuvre d’art; emplissant l’espace de tonalités irradiantes et de formes saturées de lumière irisée. Ils rêvent et promènent leurs penchants sur la blancheur du papier comme ils sourient ou semblent inquiets des lignes qui obstruent, des passages qui se jettent dans la limite du raisonnable, des cernes formant quelques îlots bienveillants bien qu’instables, des mouvements qui condamnent la symétrie tout en lui laissant le libre choix d’exister tel un désir inconstant; des symboles résonnant à l’ouïe perplexe des couleurs comme un chant primitif et récurrent…
Les guerriers livrent leur univers bigarré comme une poésie sans ponctuation, se lisant sans considération didactique, jouissant de l’oeil de celui qui découvre leur dimension comme d’un nouveau créateur qui ferait naître une nouvelle fois leur histoire…
Virginie Gauthier





















