| Loin des préoccupations d’un monde qui se défile Au fil et à mesure que l’homme habile Adapte et adopte à sa juste pointure La mode d’un temps sans mesure Je m’éloigne discrètement Et m’endors vaguement Libérant ma chair de ses ornières Pour ne m’éveiller qu’au bout Tout au bout de ces archaïsmes Si précieux Ceux qui ne ressortent que des cieux Et que l’on prête parfois aux hommes D’un geste alchimique D’un souffle tellurique L’œil voyage alors Virant quelquefois de bord Et ne perdant pas un cliché De cette dimension brouillée Dont mon corps n’avait fait que rêver Magie De douces chimères Aux intonations de prières |
Alors je vis d’une matière Que seuls les tracés peuvent satisfaire Assombrissant d’un fil de lumière L’acharnement qui supplante la manière C’est ici que je jette mes confessions Par delà la couleur de mes interrogations Sans la moindre hésitation C’est ici que je projette mes passions Dans l’océan des couleurs que je me plais à broyer d’une larme De l’obscurantisme qui transpire et se livre Sur une toile où jamais humain N’a encore posé chair, âme ou main Je m’enivre Inachevée hier, elle sera demain Onirisme d’une nuit Songe d’une vie Et pour toujours le châssis Ossature qui confirme En chaque être ce désir éternel d’infini |
Virginie Gauthier




