« Matière subtile »
La série « Samadhi » s’éloigne de l’obscurantisme des « Cannibales » tout en poursuivant leur quête, les conduisant au travers de sa lumière au détachement et à la vacuité. Acte méditatif, le silence les berce et la luminosité les étreint. Ils sont sous l’emprise subtile de la matière et naviguent en pleine conscience dans un espace polychrome infini sustenté d’opacité et d’invisible. Là, des formes schématiques, parfois indicibles ; ici, des empreintes grossières d’un passé épuré de tout système policé. La lumière jouit de l’éphémère afin de s’en imprégner puis, de le laisser se dissoudre sans discours, juste parce qu’il se dédouane de toute appartenance, de tout désir de le vivre à nouveau et encore.
Certains êtres traversant les couleurs de leur âme semblent chanter à l’unisson la quiétude qui les anime. Ils étendent leurs bras difformes jusqu’à les faire retomber en pluie, telles les branches d’un arbre millénaire dont le cœur s’accorde au souffle de la terre. Ils arrondissent leur bouche afin de mieux absorber l’alchimie du monde qui y pénètre, tel un breuvage de sérénité qui désaltère et concentre en lui la non dualité d’une dimension infinie et absolue.
Virginie Gauthier







